06/03/2007

Les Ouïghoures, Ouigours,Uigurs, Uyghurs

 

dgtbay-aa

 

 

Les Ouïghours


Dutar
envoyé par ploukkk

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

(Redirigé depuis Ouïgours)
Situation du Xinjiang en Chine
Situation du Xinjiang en Chine

Cette page concerne le peuple des Ouïghours. Pour la langue ouïghoure, voir l'article ouïghour.

Les Ouïgours (mot signifiant unité) sont un peuple turcophone et musulman habitant le Xinjiang (ancien Turkestan oriental) en Chine. Ils représentent une des cinquante-six nationalités reconnues officiellement par la république populaire de Chine (Wéiwú’ěr zú en pinyin). Ils sont apparentés aux Ouzbeks. Leur langue est le ouïgour.

Sommaire

[masquer]

2uygbay-aa

 

1A

 

La légende d'Oghuz nâme

Sous le titre de Oghuz nâme, la présente version de la légende d'Oghuz Khan, ancêtre des Turcs oghuz, rédigée en ouïgour de Turfan vers 1300, a été remaniée en pays kirghiz dans le courant du XVe siècle. Elle témoigne de l'emploi tardif de l'écriture ouïgoure dans ces régions, même en milieu musulman ; elle ne contient aucune allusion à l'Islam ni à aucune autre religion étrangère et prouve la permanence des légendes et pratiques ancestrales, souvent chamanistes, en pays turc. Oghuz Khan (personnage légendaire) Littérature turque d'Asie Ouïgour (langue) -- Ecriture Bibliothèque nationale de France, Département des Manuscrits (division orientale)

Note préalable sur les différentes orthographes du nom de l’ethnie et de la langue [modifier]

Pour l’orthographe de la langue ouïghoure on peut trouver de nombreuses variantes comme « ouïghour, ouïgour, ouigour, ouighour, uigur » en français, et comme « Uyghur, Uighur, Uygur, Uigur, Wighor, weiwuer » en anglais. L'orthographe la plus fréquemment utilisée depuis les années 1990 et qui tend à devenir la norme est « ouïghour » en français et « Uyghur » en anglais. Le nom du groupe ethnique et de la langue est prononcé [yjɤyr] et s’écrit « ئۇيغۇر » en ouïghour. L’utilisation de « gh » pour des noms propres qui ont le son [ɤ] (r comme roi) est courante en français. Par exemple : Afghan, Gharb, Maghreb.

 

2uygbay-aa

 

 

 
 

1uygbay-aa

 

Histoire [modifier]

Avant que les Ouïghours se sédentarisent dans le Xinjiang (ou Turkestan oriental), ils furent des nomades vivant en Mongolie. En 744 ils vainquirent les Köktürks et les remplacèrent comme maîtres de Mongolie. Le 20 novembre 762, Bögü, troisième hâkan des Ouïghours, s'empare de Luoyang, la capitale de l'Empire chinois, où il est intervenu à l’appel des Tang pour réprimer unz rébellion suscitée par An Lushan . Il se convertit au manichéisme, qui fleurira au Turkestan oriental (dont le nom de Xinjiang ne remonte qu'à sa conquête par la dynastie Mandchoue en 1884) jusque vers la fin du Ier millénaire (voir les magnifiques enluminures trouvées à Qoco [Gaochang] près de Tourfan).

Le christianisme nestorien, qui atteignit la Mongolie et la Chine, fut longtemps présent chez les Ouïghours ; au XIVe siècle, on trouve encore un évêché nestorien à Kachgar, capitale historique du Xinjiang et, en 1289, le khan mongol de Perse (ilkhan) Arghoun envoie le moine ouïghour nestorien Rabban Sauma en ambassade auprès de Philippe IV le Bel et du roi d'Angleterre Édouard Ier avec une missive qui envisageait une attaque conjointe contre les Mamelouks.

2uygbay-aa

 

1kartdevlet

 

Présentation de la région autonome ouïghoure du Xinjiang (ou Turkestan oriental) [modifier]

La très vaste région habitée par les Ouïghours, aujourd'hui partie de la Chine, est connue sous divers noms. D’abord son nom officiel : Région autonome du Xinjiang ouïghour. Puis son nom militant : Turkestan oriental. On peut aussi l’appeler Ouïghouristan, c’est-à-dire pays des Ouïghours.

Pendant 1008 ans, ce pays échappa au contrôle chinois, depuis la défaite de l’armée de l’Empire Tang face aux armées musulmanes, composées d’Arabes, de Tibétains et d’Ouïghours près de la rivière Talas au Kazakhstan (en 751 après Jésus-Christ) jusqu’à la conquête mandchoue de 1759. Cette conquête marqua la fin du Royaume ouïghour du Turkestan oriental. L’occupation mandchoue dura jusqu’en 1862 mais ces 63 ans d’occupation furent marqués par 42 révoltes ouïghoures. La dernière révolte, en 1863, chassa les Mandchous et un nouveau royaume indépendant vit le jour. Il fut reconnu par l’Empire ottoman, l’Empire russe et le Royaume Uni. Mais les Britanniques, craignant une expansion russe vers l’Est, persuadèrent la cour mandchoue de reconquérir le pays. Les banques britanniques financèrent la reconquête. L’armée mandchoue sous les ordres du général Zho Zhung Tang attaqua l’Ouïghouristan en 1876. Le Turkestan oriental, rebaptisé Xinjiang (autrefois transcrit Sinkiang), ce qui signifie en chinois “nouveau territoire” ou “nouvelle possession”, fut annexé à l’Empire mandchou des Qing le 18 novembre 1884.

La Chine nationaliste, après le renversement du “dernier Empereur” en 1911, maintint le Xinjiang dans la République de Chine. Les Ouïghours se soulevèrent à nouveau. En 1933 fut proclamée à Kachgar la République islamique du Turkestan oriental. Elle fut écrasée par les Soviétiques. En 1944, nouvelle tentative à Yili, plus au Nord. Celle-là dura 5 années, pendant lesquelles les Ouïghours administrèrent une région semi-autonome tolérée par le Kuomintang (ou Guomindang). L’expérience prit fin en 1949.

En 1950, un an après la victoire des communistes sur le Guomindang de Tchang Kaï-chek, l’Ouïghouristan passa sous la domination communiste chinoise, qui perdure depuis. Un nouveau soulèvement ouïghour, en 1954 à Hotan, échoua face à l’armée rouge chinoise.

Ces vastes territoires sont souvent comparés au Far West américain : c'est à la fois une région riche en ressources minérales naturelles (elle recèle en particulier les plus importantes réserves de pétrole et de gaz naturel de l’Empire chinois), et une région de colonisation pour les Chinois Han, qui sont en passe de reléguer les Ouïghours au rang d'ethnie minoritaire dans leur propre pays. Cette situation demeure aujourd'hui encore une grave source de tensions entre Ouïghours et gouvernement chinois.

2uygbay-aa

 

teyzem

 

 

La Première République du Turkestan oriental, 1933-1934 [modifier]

Suite à l’écroulement de l’empire chinois en 1911, la province passe sous le contrôle successif de trois seigneurs de guerre chinois exerçant un pouvoir despotique. Après l’assassinat du premier (Yang Zhengxin) en 1928, Jin Shuren lui succède. Ses politiques maladroites sur fond d’ingérences japonaises, britanniques et soviétiques alimentent la multiplication des troubles. Il met un terme au régime d’autonomie dont bénéficiait la principauté de Komul (Hami) dans l’est du Xinjiang. Alors qu’il encourage l’établissement de colons hans après avoir exproprié des paysans, une révolte des Ouïghours de Komul menée par Khodja Niaz et Yulbar Khan éclate en 1931. Les rebelles sont épaulés par le seigneur de guerre hui Ma Zhongying venu en renfort du Gansu voisin. Durant l’hiver 1932-1933, alors que s’activent les réseaux nationalistes souterrains et les différentes factions opposées au pouvoir provincial, les oasis du bassin du Tarim se soulèvent les unes après les autres. Le pouvoir provincial basé à Ürümqi finit par être coupé du sud de la province par les rebelles dounganes alliés aux musulmans turcophones. Dans le sud du Xinjiang, fief traditionaliste anticommuniste, une révolte menée par les émirs de Khotan éclate en 1933. Au mois de novembre 1933 est fondée la première république du Turkestan oriental appelée aussi république islamique du Turkestan oriental (RITO, carte 3). Parallèlement, Sabit Damollah, proche du courant jadid, qui a activement milité pour rallier les différents foyers insurrectionnels à la RITO, tente de rallier Khodja Niaz et l’est du Xinjiang en le propulsant président. L’émir de Khotan, Mehmet Emin Bughra, est Premier ministre. Une alliance entre le courant islamique conservateur et les réformistes jadid s’opère. Comme le souligne sa constitution, la RITO est un État islamique fondé sur l’application de la sharia. Cependant, beaucoup des ministres de la RITO sont des personnalités proches du mouvement jadid. Au-delà d’assurer sa propre survie, la RITO tente de soustraire le Turkestan oriental à l’occupation chinoise et à l’influence soviétique. Mais le fragile régime est mis à bas le 6 février 1934 par la bête noire des autorités provinciales, Ma Zhongying, retourné par les Soviétiques contre la RITO. Voir aussi: http://www.ceri-sciencespo.com/publica/etude/etude110.pdf [par Rémi Castets]

2uygbay-aa

 

dgtbay-aa

 

La deuxième république du Turkestan oriental (1944-1949) [modifier]

Voir ici: http://www.ceri-sciencespo.com/publica/etude/etude110.pdf [par Rémi Castets]

 

uyghur

 

La résistance ouïghoure [modifier]

Inconnue à l’étranger, si ce n’est qu’on a vaguement entendu parler d’un Mouvement islamique du Turkestan oriental au profil plutôt flou et obscur (il a été mis sur la liste des “organisations terroristes par le gouvernement US et l’ONU en septembre 2002 [1]), la résistance populaire ouïghoure d’aujourd’hui remonte à la fin des années 1980. Voici ce qu’on peut en savoir. En avril 1990, un soulèvement a lieu dans la ville d’Akto. Plus de 1 000 habitants descendent dans la rue pour protester contre le refus des autorités chinoises d’autoriser la construction d’une mosquée. Les troupes chinoises tirent dans la foule. Plus de 60 morts. En juillet 1990, les autorités du Xinjiang annoncent l’arrestation de 7 900 personnes au cours d’une opération visant à arrêter “les activités criminelles de séparatistes ethniques et autres délinquants criminels” (sic). La campagne contre le crime lancée sous le nom de “Frapper fort” par le gouvernement chinois en 1996, si elle entendait répondre aux inquiétudes de la population devant l’expansion de la criminalité et de la délinquance, a été l’occasion pour la police chinoise de s’en prendre aux militants politiques et religieux du Xinjiang, dont un certain nombre, accusés d’être favorables à l’indépendance, ont été exécutés publiquement à grands renforts de publicité. Plus de 10 000 personnes accusées de “séparatisme” ont été arrêtées au cours de cette campagne.

2uygbay-aa

 

1turkestan_xinjiang03

 

La révolte de 1997 [modifier]

Le 5 février 1997, à la veille du Ramadan, trente dignitaires religieux de renom sont arrêtés par la police à Ghulja (en chinois : Yining). Six cent jeunes Ouïghours descendent alors dans la rue et vont réclamer leur libération devant le siège local du gouvernement. Ils sont brutalisés par la police et les troupes paramilitaires et violemment dispersés à coups de matraques électriques, de canons à eau et de gaz lacrymogènes. Dès le lendemain se déroule une manifestation massive de protestation. Les policiers et les paramilitaires tirent sur les manifestants. Bilan : 167 morts. Dans les heures qui suivent, 5 000 personnes sont arrêtées, dont des personnes âgées, des jeunes femmes et des enfants. On les accuse de vouloir « diviser la patrie », de mener une activité criminelle et fondamentaliste religieuse, bref d’être des “éléments contre-révolutionnaires”. Le gouvernement chinois décide alors l’exécution publique de sept Ouïghours pour l'exemple. Les sept victimes sont exécutés d’une balle dans la nuque (facturée à leurs familles!), chargés sur un camion découvert et promenés à petite vitesse à travers la foule qui fréquente le bazar ouïghour et les quartiers environnants. Lorsque les Ouïghours qui pleurent les martyrs s’approchent trop près des camions, les soldats ouvrent le feu, faisant neuf nouvelles victimes. Le 15 octobre 2001, deux participants au soulèvement de 1997 furent exécutés, trois autres condamnés à des peines de mort suspendues pour 2 ans et six autres à des peines de prison (dont deux à perpétuité).

2uygbay-aa

 

La répression chinoise depuis le 11 septembre 2001 [modifier]

Le gouvernement chinois a profité du 11 septembre 2001 pour vendre son programme anti-terroriste à l’étranger. Il a obtenu l’extradition de militants ouïghours de plusieurs pays, dont le Pakistan, le Kazakhstan et le Kirghizistan. Il tente de négocier actuellement le transfert d’une douzaine d’Ouïghours capturés en Afghanistan et détenus à Guantanamo. Le sort qui les attend en Chine est sans aucun doute l'exécution, d'où le refus des États-Unis de les renvoyer en Chine.

Des organisations clandestines ouïghoures sont actives à l’intérieur du pays. On en sait très peu sur ces organisations. On connaît néanmoins le nom de deux d'entre elles : le Mouvement islamique du Turkestan oriental (accusé d’une série d’attentats au Xinjiang) et la Jeunesse du foyer du Turkestan oriental (qualifiée de “Hamas du Xinjiang”). Ce groupe radical qui lutte pour l’indépendance du Turkestan oriental, compterait environ 2 000 militants, dont certains auraient été entraînés à la guérilla en Afghanistan et dans d’autres pays musulmans. Mais il existe une multitude d’autres groupes et mouvements, seulement connus par ce que veut bien en dire le gouvernement chinois. Ces informations sont donc à prendre avec précaution.

À l’étranger, les Ouïghours sont présents au Kazakhstan, en Turquie, en Allemagne, en Suède, en Suisse et aux États-Unis d'Amérique. Au Kazakhstan se trouve une des plus anciennes organisations ouïghoures, le Comité pour le Turkestan oriental, basé à Almaty, la capitale. Il aurait intensifié ces activités ces derniers temps. Il a été formé à l’origine par d’anciens insurgés qui avaient combattu l’occupation chinoise entre 1944 et 1949. Le leader des indépendantistes ouïghours, Aysa Beg, s’est réfugié en Turquie après la fondation de la République populaire de Chine en 1949.

Le 19 septembre 2004 a été fondé à Washington le « Gouvernement en exil du Turkestan oriental », de régime parlementaire, dont le 1er ministre est Anwar Yusuf. Une constitution a été proclamée, et traduite en Turc, Anglais, Chinois et Japonais.

 

moton66-60x59

 

 

Démographie [modifier]

D'après le recensement de 1990, 7 214 431 Ouïgours vivent en République populaire de Chine, 99,73% dans la région autonome de Xinjiang, 5 739 dans le Hunan et 2 021 à Pékin.

Environ 300 000 Ouïgours vivent au Kazakhstan (ils y sont appelés les Turcs-Ili), d'autres en Mongolie, en Turquie, en Afghanistan et dans des pays d'Asie centrale.

Enfin, des Ouïgours ont aussi émigré en Allemagne, au Pakistan, en Indonésie, en Australie, à Taïwan et en Arabie saoudite.

Voir aussi [modifier]

commons:Accueil

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Ouïghours.

Références [modifier]

  1. http://www.terrorisme.net/info/2002/015_ouigour.htm Chine: après l'inclusion d'un groupe ouïgour sur la liste des organisations terroristes, Radio Free Europe-Radio Liberty, 30 août 2002]

Liens internes [modifier]

Liens externes [modifier]


Carte de la ChineGroupes ethniques de Chine (reconnus par la RPC)Carte de la Chine

Achang - Bai - Blang - Bonan - Buyei - Coréens - Dai - Daur - De'ang - Derung - Dong - Dongxiang - Ewenki - Gaoshan - Gelao - Gin - Han - Hani - Hezhen - Hui - Jingpo - Jino - Kazak - Kirghiz - Lahu - Lhoba - Li - Lisu - Man - Maonan - Miao - Monba - Mongol - Mulao - Naxi - Nu - Ouïghour - Ouzbek - Oroqen - Pumi - Qiang - Russe - Salar - She - Sui - Tadjik - Tatar - Tibétain - Tu - Tujia - Wa - Xibe - Yao - Yi - Yugur - Zhuang

23:50 Écrit par uchisarpension dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/03/2007

La vidéo fun du jour

Je viens de tomber sur cette vidéo, je connaissais pas vous me donnerez votre avis.

Ca a au moins le mérite d'être original.

 

 

 

Pour comprendre cette vidéo il faut savoir ce que c'est l'Amarok?

C'est est un art martial qui s'est développé au début des années 90 avec le soucis de renouer avec les techniques de combats ancestrales en Asie parmi les peuples Turcs.

 

  • dans la mythologie inuit, Amarok est le nom d'un loup.
  • 03:50 Écrit par uchisarpension dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

    Les particularités de la légende d’Oghuz Khan

     

     

    1A

     

    La légende d'Oghuz nâme

    Sous le titre de Oghuz nâme, la présente version de la légende d'Oghuz Khan, ancêtre des Turcs oghuz, rédigée en ouïgour de Turfan vers 1300, a été remaniée en pays kirghiz dans le courant du XVe siècle. Elle témoigne de l'emploi tardif de l'écriture ouïgoure dans ces régions, même en milieu musulman ; elle ne contient aucune allusion à l'Islam ni à aucune autre religion étrangère et prouve la permanence des légendes et pratiques ancestrales, souvent chamanistes, en pays turc. Oghuz Khan (personnage légendaire) Littérature turque d'Asie Ouïgour (langue) -- Ecriture Bibliothèque nationale de France, Département des Manuscrits (division orientale)

     

    Dans l’histoire mythique des Türks, l’avènement d’un nouveau souverain était sacré.

    L’on sacralisait ainsi le souverain en lui prêtant une origine divine appelée « gök ». Comme pour Oguz Khan ainsi que pour les aïeux des Türks leurs liens directs avec Gök  « le ciel » -Tanri  « dieu »  leurs assuraient une origine divine.

     

    Selon les anciens Türks la seul chose de sacrée était Tanri « Dieu » Créateur de tout l’Univers. En quelques sortes Dieu n’était pas le ciel en lui-même puisque le ciel et la terre n’étaient qu’une émanation matérielle qui fessait partie de sa création.

     

    Les anciens Türks croyaient qu’il n’y avait qu’un seul Gök « ciel » et qu’elle recouvrait la terre telle une coupole.

    Par contre  les anciens Türks croyaient qu’au-dessus de cette coupole existait beaucoup plus de cieux.  Ils considéraient qu’il y avait des cieux qui recouvraient le soleil, la lune, les étoiles mais qu’au-dessus de ce tout ces cieux il n’existait qu’un seul Ciel celui ou trône Dieu.

     

    Au début les anciens Türks n’avaient pas subdivisé les cieux cela viendra plus tard suite à des influences étrangères, il sera alors question de sept ou même de neuf étages. On remarquera dans la légende d’Oghuz Khan des divergences entres l’ère Göktürk et l’ère Oïghour , les premiers vivaient leurs croyances ancestrales jusqu’au jour où leurs chemins rencontra celui des Oïghours.

     

    Les Oïghours  étaient un peuple qui avaient commercé avec la Chine, ils y avaient rencontrés plein de gens de divers horizon qui éveilla en eux un  intérêt pour les grandes religions de l’époque. 

     

    Le commerce n’était pas une tâche vraiment cohérente avec la nature guerrière des anciens Türks. La religion des anciens Türks réclamait discipline, et obéissance à l’autorité. Effectivement  la société était très hiérarchisée et l’on gagnait ces galons à sa seule valeur guerrière.

     

    Tandis que la vie quasi sédentaire de commerçant que vivaient une grandes parties de la population Oïghours était plus reposante, plus tranquille et donc plus pacifique.

    Alors que les anciens Türks croyaient à Gök-Tanri et à ces émanations, il en était tout autres chez les Oïghours qui se convertirent en grande masse à la religion manichéiste venus de Perse et la lune prit une place très importante dans leurs croyances. Alors que chez les anciens peuples Türks, ce qui était vraiment sacré c’était le soleil qui réchauffe la terre.

     

    Le choix de passer du soleil à la lune, l’abandon des anciennes croyances du peuple Oïghour  peut être considéré comme le début d’une nouvelle ère dans le mode de pensée des peuples de la steppe.

     

    C’est pour cette raison que dans la légende d’Oghuz Khan d’après les Oïghours, Oghuz Khan cesse d’être le fils du soleil pour devenir le fils de la lune.

     

    Petit extrait : « Ces yeux se sont éclairés et illuminés, Ay-Kagan (roi de la lune) en ce jour à eu un fils ! »

     

    Même dans la légende des Oghuz qui viennent tout récemment de se convertir à l’Islam on retrouvera des motifs des anciennes croyances des Türks.

     

    Bien entendu beaucoup de ces anciennes croyances sont en crontradiction directe avec les règles fondamentales de la loi islamique. C’est pourquoi on trouvera d’énorme exemple de texte de la légende d’Oghuz Khan remanié pour devenir tolérable pour l’islam.

     

    D’après les légendes écrites après l’avènement de l’islam parmi les peuples Türks, le père de Oghuz Khan se nommait Kara Khan et ce choix n’était pas anodin. Chez les anciens peuples Türks « Kara » et « Ak » ne voulais rien d’autres que noir et blanc deux noms qui différenciaient deux tribus l’une de l’autre.

     

     

     

    Mais l’on peut remarquer qu’il n’existait pas de discrimination entre eux. Les Türks tout fraîchement convertit à l’Islam nommaient le père d’Oghuz Khan , Kara Khan parce que ce dernier n’était pas convertit à l’Islam. Il aurait même essayé d’empêché son fils d’embrasser l’Islam.

     

    Par contre un point que nous devrons pas manquer de relever,  c’est le rapport bien plus fort qu’Oghuz Khan entretient avec  sa mère.

     

    Petit extrait : « Trois jours et trois nuits sont passés, et ils n’est pas venus à sa mère, n’a pas bu une seule goutte de son sein.

    Et sa mère se mit à pleurer, son cœur se brisa parce qu’Oghuz Khan refusa de boire son lait. Désespéré, elle s’enroulait à son berceau en l’implorant de boire ne sois ce qu’un peu de son lait!».

    oghuz

     

    00:31 Écrit par uchisarpension dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

    Mythologie Türk et les enfants sacrés

     

     

    2A

     

    Comme dans toutes les anciennes légendes des Türks, Oghuz Khan présentait des signes d’une très grande précarité.

    Dans celui des Oghuz musulmans, la raison justement de son refus de boire du sein de sa mère n’était rien d’autres que le fait que sa mère n’était pas encore musulmane.

    Dès qu’il put prendre la parole il dit à sa mère ceci :

     

    -Ey, ma belle-mère à moi, si tu acceptes Tanri comme seul Dieu alors seulement je boirais de ton lait blanc !

    Et si tu es digne de moi seulement je te dirais mère !

    La mère voyant son fils âge d’à peine trois jours lui parler ainsi elle compris le miracle et accepta de croire en Tanri.

     

    Il est bien sûr évident qu’il garde le même nom « Tanri » telle que l’on le nommait dans l’ancienne religion des Türks mais ce Tanri n’est rien d’autres chez ces jeunes convertits qu’Allah.

     

    Pour les anciens peuples Türk le nombre trois tenais une place toute particulière, elle revêtait une grande importance.

    Mais les nombres les plus importants chez les Türks étaient le sept et le neuf.  

     

    Dans la légendes des Oghuz musulmans, Oghuz Khan devint mûre en trois jours alors que l’on peut remarquer que dans les légendes de l’Altaï les enfants miraculés n’atteignent la maturité miraculeuse qu’à sept ans.

     

    Petit extrait d’une légende de l’Altaï :

    « Cela se produit dans l’Altaï, un enfant était née, lorsqu’il vit au monde il plut des grenades. Sept loups ayant sentis son odeur vinrent le réclamer. Sa mère se mit à pleurer son cœur se brisa, c’est à se moment que l’enfant prit la parole et soigna la blessure de sa mère.

    Il lui dit :

    -Ne pleures pas mère ! Occupes toi, mais ne pleure pas !

    -Réclame leur un délai de sept jours !

    Sept jour passèrent, le teint de sa mère s’était décoloré.

    Au bout de sept jours l’enfant devin immense cassa son berceau.

    Il s’était transformé en un vaillant guerrier. » 

     

    Se promener dans les cieux, se saisir des différents étages des cieux et se confronter aux esprits font parties des motifs mythologiques de la nature du héros. Néanmoins Oghuz Khan n’est rien d’autres qu’un homme qui voulait gouverner sur les terres qu’il avait conquis.

     

    Portons de nouveau notre attention sur la légende de l’Altaï pour notez d’autres particularités comme celle des sept loups qui ne symbolisent rien d’autres que les sept étoiles qui forment la Grande Ours. Dans la croyance des anciens Türks les sept étoiles de la Grande Ours étaient enchaînés à l’étoile polaire parce que ces sept même étoiles représentaient les sept loups agités.

     

    Dans un autre épisode ces même loups veulent s’emparer du cheval et du poulain de notre héros.

     

    D’après les anciens Türks la Petite Ours était représentés par deux chevaux tirant un char. Ils croyaient par la même occasion que les sept loups de la Grande Ours veulent s’en prendre aux deux chevaux pour les manger c’est pourquoi ces loups sont agités et enchaînés.  Toujours d’après la légende de l’Altaï la Petite Ours était l’ami et le protecteur du petit enfant prodigieux.

     

    La légende d’Oghuz Khan  dans toutes ces variantes et toutes ces différences sont un témoin extraordinaire des croyances passées qui tenaient ces sources dans des siècles de légendes transmis de génération en génération.

     

    oghuz

    00:30 Écrit par uchisarpension dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

    01/02/2007

    Les köktürk ou Tujue

     
    tr!goktk

     

    Les Köktürks ou Göktürks («Turcs Bleus», c'est-à-dire Célestes en turc), connus sous le nom de Tujue (突厥 tújué) en chinois,

    conçurent un puissant empire en 552 sous la férule de Bumin Khan, qui s'étendit rapidement dans toute l'Asie centrale. Ils furent le premier peuple de langue turque à se nommer politiquement "Turcs". Le mot türk signifie «fort», et le nom chinois tujue provient probablement d'un pluriel türük. Selon les Chinois, les Köktürks portaient le nom de famille Ashina.

    La création de cet empire marque un pas décisif dans l'expansion des peuples turcs vers le Turkestan occidental. Deux siècles et demi après la fin de l'empire des Köktürks (qui furent remplacés par un autre peuple turcophone, les Ouïgours), en 745, elles atteindraient l'Anatolie, pays de langue agglutinantes asianiques dans l'antiquité (avant de devenir un pays de langue grecque avec Alexandre le grand) qui allait devenir la Turquie.

     

    futhark

     

    Au début du VIIIe siècle, les Turcs ont créé une écriture dite «runique» parce qu'elle ressemble aux runes. Ils sont les premiers nomades de l'Asie centrale à avoir laissé des inscriptions. Celles qui ont été rédigées par les Köktürks proviennent de la vallée de l'Orkhon, en Mongolie septentionale. Le cœur de leur empire s'y trouvait. Des inscriptions de Sibérie méridionale sont attribuables à d'autres peuples turcs. Celles de la vallée de l'Ienisseï, de courtes inscriptions funénaires, ont dû avoir été rédigées par les Kirghiz.

    Les Köktürks reçurent des missionnaires bouddhistes, manichéens et nestoriens, mais restèrent majoritairement chamanistes. Ils avaient également une religion impériale, basée sur la vénération de Tängri, le Dieu-Ciel.

    1couvchamanisme

     

    gokturk

     

    Histoire

     

    petit

     

    Les origines

     

    Le plus ancien territoire connu des Turcs Bleus est le sud de l'Altaï, en Mongolie occidentale. Ils étaient alors connu pour être des vassaux des Ruanruan, peuple qui occupait l'essentiel du territoire de l'actuelle Mongolie. Ils travaillaient pour leurs suzerains comme forgerons.

    Le mythe de leurs origines se présente ainsi. Ils étaient un rameau des Xiongnu. Un peuple voisin les extermina tous, à l'exception d'un jeune garçon. Les soldats ne voulurent pas le tuer, eu égard à son jeune âge, mais ils lui coupèrent les pieds et le jetèrent dans un marais. Là, une louve le nourrit de viandes. Comme il s'unit plus tard à elle, elle devint pleine. Le roi ennemi, ayant entendu dire qu'il vivait encore, envoya ses hommes pour le tuer. La louve parvint à se réfugier dans une montagne au nord de Tourfan. Dedans, il y avait une immense caverne tapissée d'une herbe touffue. La louve donna naissance à dix garçons, qui prirent des femmes au-dehors. Leurs descendants se multiplièrent, et après plusieurs générations, ils sortirent de la caverne pour s'établir au sud de l'Altaï.

    De l'avis général, ce mythe est composite. Sa première partie est indo-européenne. Elle est à peu près identique à un mythe des Wusun attesté beaucoup plus tôt, dès le IIe siècle av. J.-C.. Les Wusun étaient des nomades indo-européens, peut-être iraniens mais plus probablement tokhariens, qui vivaient au nord des Tian Shan, entre le Kazakhstan et le Kirghizistan. Un roi bébé est sauvé d'une attaque d'un peuple ennemi grâce à un haut dignitaire. Il est ensuite nourri par une louve et des corbeaux. Ce mythe est apparenté à l'histoire de Romulus et Rémus, les fondateurs mythiques de Rome, qui ont été également nourris par une louve. Ce n'est peut-être pas aux Wusun que les Turcs ont pris cette légende, mais à des nomades tokhariens qui vivaient au nord de Tourfan, à l'endroit même où ils ont situé leur caverne.

    Ce qui est sûr, c'est qu'un peuple parlant la langue appelée tokharien A ou agnéen a exercé son influence dès une haute époque sur les Turcs. Elle était, chez eux, une langue de prestige. Des emprunts ont été effectués. Par exemple, le composé turc at kü «nom + gloire, renom» est un calque du composé agnéen ñom klyu «nom + gloire, renom», et de plus, kü provient de klyu. Le mot turc išič «pot, marmite en terre», provient par synecdoque du mot agnéen *išäč «argile». Plus tard, l'agnéen a été utilisé pour la propagation du bouddhisme chez les Turcs. Ceux-ci commandaient des textes en agnéen et y laissaient parfois leurs noms ou leurs titres.

    Le mythe de la caverne d'où émerge tout un peuple, en revanche, est purement turc. Les Turcs devaient également avoir un loup ancêtre, comme les Mongols. Cet ancêtre a dû changer de sexe, c'est-à-dire devenir une louve, pour que ce mythe puisse être combiné avec le mythe indo-européen.

    gokturk

     

    Le premier empire

     

    tarihbugun_clip_image002

     

    En 552, Bumin battit le dernier khan des Ruanruan, que les Chinois appelaient A-na-kuei. Il s'installa en Mongolie centrale mais mourut un an après. Son fils Mugan (553-572, appelé Muhan par les Chinois) lui succéda en confiant l'aile occidentale de l'empire à Istämi († 576), un frère de Bumin. Ce dernier s'allia avec les Sassanides perses pour combattre les Huns blancs: il donna sa fille en mariage à l'empereur perse Khusrau Anushirvan. Après avoir éliminé les Huns Blancs, vers 563, les deux alliés se partagèrent ce qui deviendra après le Turkestan russe, notamment le territoire des Sogdiens, mais ils ne tardèrent pas à se brouiller. Pour prendre les Perses en tenaille, Istämi envoya en 567 un Sogdien en ambassade à Byzance. L'année suivante, le byzantin Zémarque arriva chez Istämi. Malgré les guerres qu'ils menèrent ensemble, jusqu'en 630, les Turcs et les Byzantins ne purent venir à bout des Perses.

    1buda

     

    L'autorité de Taspar (572-581), le frère cadet et successeur de Mugan, qui régnait en Mongolie avec le titre de qaghan, fut reconnue par les Turcs occidentaux. Ce souverain se convertit au bouddhisme, comme son frère Nivar (581-587, également appelé Ishbara d'après Paul Pelliot). Le yabghu Tardu, fils d'Istämi, rompit avec Nivar et prit le titre de qaghan. Il avait été encouragé par les Chinois, qui désiraient briser l'empire turc. Il y eut désormais deux États, celui des Turcs orientaux en Mongolie, dirigé par Nivar, et celui des Turcs occidentaux dans les Tian Shan et au Kazakhstan oriental, dirigé par Tardu. Un fils de Mugan, connu sous le nom d'Apa qaghan et que les textes chinois appellent Daluobian, se mit à convoiter le trône. Ses intérêts rejoignaient ceux de Tardu, qui désirait aussi abattre Nivar afin de refaire l'unité de l'empire. Pour empêcher cela, les Chinois apportèrent leur soutien à Nivar. Apa qaghan se retourna alors contre Tardu et parvint à prendre sa place. En 585, Tardu demanda l'asile aux Chinois.

    A Nivar, succédèrent deux empereurs appelés Chuluohu (587-588) et Yongyulü (588-599) par les Chinois. Le premier captura Apa qaghan, mais les Turcs occidentaux restèrent séparés de leurs frères orientaux. Ils élirent en 587 un qaghan que les Chinois appelaient Nili et dont on ne sait presque rien. Tardu réapparut en 594, lors d'un conflit avec Yongyulü. Il reprit le contrôle des Turcs occidentaux. En 598, il envoya à Constantinople une lettre où il se déclarait qaghan suprême, «grand chef des sept races et maître des sept climats». Il s'attaqua aux Chinois, mais il fut vaincu en 603, suite à la révolte d'une tribu, et dut se réfugier dans l'actuelle province chinoise du Qinghai, au nord-est du Tibet. On n'entendit plus jamais parler de lui.

    A la fin de la dynastie Sui et au début de la dynastie Tang, les Turcs orientaux attaquèrent à leur tour la Chine, en profitant des difficultés intérieures que connaissait ce pays. L'empereur El Qaghan (620-630, appelé Xieli par les Chinois), arriva jusqu'à la capitale Chang'an le 23 septembre 626 avec 100 000 hommes. L'audacieux empereur Taizong des Tang, malgré le peu de moyen dont il disposait, parvint à lui faire rebrousser chemin. Par la suite, Taizong soutint les révoltes de certaines tribus contre El Qaghan, puis en 630, il envoya ses troupes en Mongolie et captura le qaghan. Dès lors, les Turcs orientaux furent soumis à la Chine.

    Après la défaite de Tardu, les Turcs occidentaux étaient restés quelques temps désunis. Ils avaient ensuite retrouvé un chef en la personne de Shigui, puis de son frère, le yabghu Tong (618-630, ce sont leurs noms chinois). Ce dernier fut un puissant souverain, qui étendit son pouvoir jusque sur une partie de l'Afghanistan et de l'Inde du Nord. Le pèlerin chinois Xuanzang le rencontra dans les Tian Shan. Quelques mois plus tard, des tribus vassales, les Qarluq, se révoltèrent, et Tong fut tué. Les Turcs occidentaux perdirent de nouveau leur unité. Dans les années 640, les Chinois les évincèrent des riches oasis du bassin du Tarim, sur la Route de la soie, qui se trouvaient juste au sud de leur territoire. En 651, les Turcs occidentaux se rangèrent sous l'autorité d'un qan que les Chinois appelaient Helu. Après avoir obtenu l'appui des Ouïgours, les Chinois se mirent en campagne contre lui et le vainquirent en 657. Pratiquement toute l'Asie centrale tomba aux mains des Chinois.

    gokturk

     

    Le second empire

    tonyukuk_yaziti_1dogu

     

    Le rétablissement de l'empire turc fut l'œuvre d'un dignitaire (chor) qui s'appelait Qutlugh, le Fortuné. Il commença comme un simple aventurier. Au début, selon l'inscription de Köl Tegin (cf. ci-dessous), il n'avait que 27 hommes. Il profita du soutien non pas de l'aristocratie turque, mais du peuple, au sein duquel brûlait un fort sentiment nationaliste anti-chinois. Un très habile seigneur (beg) se joignit cependant à lui. Il s'appelait Tonyuquq (ou Toñuquq). C'était un turc né en Chine et qui avait reçu une éducation chinoise, mais il détestait les Chinois.

    A partir de 682, Qutlugh chor se mit à lancer des attaques dévastatrices contre la Chine. Celle-ci était alors gouvernée par un empereur faible, Gaozong, et son influence reculait dans toute l'Asie centrale. Entre 687 et 691, Qutlugh, qui s'était proclamé empereur avec le titre d'Ilterish Qaghan, soumit les Ouïgours et les Neuf Oghuz, d'autres confédérations de tribus turques, et s'installa aux sources de l'Orkhon, dans ce qui avait toujours été, et ce qui resterait, le cœur des empires des steppes. En Chine, en 683, à la mort de Gaozong, le pouvoir tomba entre les mains de son énergique concubine, Wu Zetian. Si elle parvint à reprendre le bassin du Tarim aux Tibétains vers 692, elle fut impuissante face aux Turcs. Elle fut confrontée au frère cadet d'Ilterish qaghan, qui portait le titre de Qapaghan Qaghan, le qaghan Conquérant (691-716).

    Cet empereur fit semblant de défendre la dynastie Tang contre les volontés d'usurpation de Wu Zetian, mais il n'en continua pas moins ses attaques. Chaque fois, les armées chinoises subissaient d'écrasantes défaites et les Turcs ramenaient chez eux un butin fabuleux. En 699, il parvint à soumettre les Turcs Occidentaux. Il remporta des victoires contre d'autres peuples turcs et tua même le roi des Kirghiz, qui vivaient sur le cours supérieur de l'Ienisseï en Sibérie méridionale. Le vent commença à tourner en 711, quand Tonyuquq se heurta aux Arabes lors d'un raid en Sogdiane. Il ne revint près de l'Altaï que trois ans plus tard et essaya de prêter main forte à des troupes qui assiégeaient la ville de Beshbalïq, mais ce fut un échec. Les vassaux des Turcs Bleus, dont les puissants Oghuz, commencèrent alors à se révolter. Qapaghan qaghan fut tué lors d'une campagne contre la tribu des Bayirqu le 22 juillet 716, près de la rivière Tuul qui arrose Oulan-Bator.

     

    kultigin_borku

     

    Le pouvoir aurait dû revenir au fils aîné d'Ilterish, connu depuis 698 par le titre de shad des Tardush, puis au frère cadet de celui-ci, Köl Tegin (ou Kül Tegin). Tous les deux étaient alors des généraux renommés. Mais suivant la volonté de Qapaghan, ses suivants aidèrent le fils de leur ancien maître, Bögü, à monter sur le trône. Köl Tegin l'assassina, avec le soutien de nombreux aristocrates, et fit un grand massacre dans la famille de Qapaghan, n'épargnant que Tonyuquq. Il plaça ensuite son frère aîné sur le trône. Celui-ci fut appelé Bilgä Qaghan «le qaghan sage» (716-734). Il fallut reconstituer l'empire, qui avait totalement éclaté. Ce fut chose faite en 718. Bilgä Qaghan envisagea ensuite d'attaquer la Chine, qui avait aidé les tribus rebelles. Le problème était que la Chine, alors gouvernée par l'empereur Xuanzong, était en pleine gloire. Pour cette raison, Tonyuquq conseilla à Bilgä Qaghan de proposer plutôt un accord de paix aux Chinois. Méfiants, ceux-ci refusèrent toute négociation et préparèrent une grande offensive. Les Turcs la prévinrent en écrasant l'un de leurs alliés, les Basmil, au nord de Tourfan (il s'agissait apparemment d'un peuple d'origine non turque) puis en attaquant la province chinoise du Gansu. En 721, Xuanzong accepta la proposition de paix. Il est remarquable que les Turcs et les Chinois restèrent fidèles à leurs engagements. En 727, par exemple, Bilgä Qaghan refusa de s'allier avec les Tibétains contre les Chinois.

    bilgekhean

     

    A la mort de Köl Tegin en 731, son frère fit graver sur une stèle un éloge funèbre qui est resté célèbre. L'empereur sage périt à son tour trois ans plus tard, empoisonné par l'un de ses serviteurs. De deux ses fils lui succédèrent, Izhan qaghan (734-739) et Tängri qaghan (740-741). A la mort ce dernier, assasiné par son oncle Qutlugh yabghu, l'empire commença à se désintégrer. Qutlugh, qui usurpa le pouvoir sous le nom d'Özmish qaghan, se heurta immédiatement à la révolte des Basmil, des Ouïgours et des Qarluq, et il fut tué en 744 par les premiers. La famille impériale des Köktürks s'étant réfugiée en 743 en Chine, leur territoire revint aux Ouïgours.

    kultigin

     

    gokturk

     

    La civilisation turque


    La société

     

    1hturk

     

    Comme tous les empires « nomades », celui des Turcs Bleus était une confédération de tribus. Son noyau était constitué par douze tribus dirigées par la tribu dynastique que les Chinois appelaient Ashina. Les Ouigours étaient constitués en dix tribus dirigées par la tribu dynastique des Yaghlakar; ils vivaient au nord de la Mongolie, originellement le long de la rivière Selenge, tandis que les Turcs Bleus occupaient la partie centrale de ce territoire. Ils sont devenus sujets des Turcs Bleus durant le premier empire. A l'ouest des Turcs Bleus, au Kazakhstan, se trouvaient les Toghuz-Oghuz, c'est-à-dire les « Neuf (tribus) oghouzes ». Ils formaient une population plus nombreuse que les Turcs Bleus eux-mêmes mais qui était moins unie. Deux autres confédérations turques, celles des Qarluq et des Basmil, ont également joué un rôle dans l'empire turc.

    Le chef d'une tribu s'appelait l'irkin. Les groupes de tribus étaient dirigés par des elteber. A la tête du pouvoir impérial, se trouvait le qaghan et ses proches parents, les shad. Le qaghan était entouré de conseillers, qui portaient des titres tels que tarkhan, tudun ou chor. Ils se partageaient des fonctions militaires, administratives ou diplomatiques. Il y avait aussi des fonctionnaires de rang inférieur, parmi lesquels les textes chinois distinguent 28 classes. Toutes ces charges se transmettaient de manière héréditaire.

    La société turque était divisée en deux classes: une aristocratie héréditaire, constituée par les beg, et le peuple (igil qara bodun). Tout homme devenait un guerrier, er, après une initiation consistant en un exploit accompli lors d'une bataille ou d'une chasse. Il recevait alors son er aty, c'est-à-dire son nom d'homme ou de héros. Son idéal était de mourir au combat. Sa situation variait cependant beaucoup selon qu'il appartenait à l'aristocratie ou au peuple.

    L'économie turque reposait sur l'élevage, la chasse et la guerre. Les razzias, effectuées en principe à partir de la pleine Lune, étaient un moyen d'acquérir du bétail, surtout des chevaux, qui constituait la principale richesse. Les beg s'approvisionnaient également en objets précieux et en esclaves. Si l'on était pauvre, c'était parce que l'on ne s'était pas assez bien battu. Les gens du peuple dépourvus de bétail étaient placés dans des quartiers d'hiver ou des établissements sédentaires (balïq), où ils pratiquaient un peu d'agriculture. Ils cultivaient surtout du millet, qui était entreposé dans des fortins (qurgan). S'ils voulaient rester nomades, ils devaient compter sur l'aide de relations riches. Les er dépourvus de moyens devenaient toujours dépendant des beg, en tant que gardes du corps ou que serviteurs.

     

    cengaver3

     

    On dispose de quelques représentations de guerrier turcs, visibles par exemple au musée d'histoire d'Oulan-Bator. Les hommes partageaient leurs chevelures en de nombreuses tresses qui descendaient sur leur dos. Cette coiffure existe encore chez les Ouïgours, mais plutôt chez les femmes. Ils portaient des bottes, des pantalons et des vestes longues semblables à celles des autres peuples, y compris sédentaires, de l'Asie centrale de cette époque. Une épée était accrochée à leur ceinture.

    Pour faire des contrats, les Turcs faisaient des entailles sur les plaquettes de bois. Ils payaient les impôts en donnant des animaux domestiques. On les comptait en entaillant un bâton, puis on y mettait un cacher de cire avec un fer de lance.

     

    Mœurs et coutumes

     

    On connaît les coutumes turques essentiellement grâce à des textes chinois rassemblés dans des annales dynastiques. Les annales des Wei du Nord ont l'intérêt d'avoir été rédigées vers 550, avant même la fondation de l'empire turc. Nombre de ces textes ont été traduits en 1864 par Stanislas Julien («Documents historiques sur les Tou-kioue (Turcs) extraits du Pien-i-tien», Journal Asiatique).

    Les mariages s'effectuaient sans complication: si un homme tombait amoureux d'une jeune fille, il envoyait quelqu'un auprès de ses parents pour demander sa main, et généralement, sa demande était acceptée. Une femme noble ne pouvait pas se lier avec un homme de condition inférieure. On pratiquait la polygamie.

    La justice était rendue de la manière suivante. Les gens qui s'étaient rendus coupables d'homicide, de viol d'une femme mariée ou de révolte étaient condamnés à mort. En revanche, celui qui avait violé une jeune fille était puni d'une curieuse manière: il devait payer une forte amende et épouser immédiatement sa victime. Un individu qui avait causé une simple blessure, par exemple dans une bagarre, payait une amende proportionnée au dommage occasionné. Les coupables de vol devaient payer dix fois la valeur des animaux ou des objets volés.

    Les hommes aimaient jouer aux osselets, occupation qui existe toujours chez les nomades de l'Asie centrale. Les femmes préféraient jouer à la balle. Les Turcs buvaient du qumis (lait de jument fermenté), et quand ils étaient suffisamment ivres, ils se lançaient dans des chants alternés: quelqu'un improvisait une chanson et une autre personne devait lui répondre de la même manière.

     

    1music

    La terre du qan (le roi, avant la formation de l'empire turc), s'ouvrait à l'est par respect pour le soleil levant. Cette orientation diffère de celle des tentes mongoles, qui s'ouvrent toutes au sud. L'intronisation comprenait les rites suivants. De grands officiers mettaient le roi nouvellement nommé sur une litière de feutre et lui faisaient faire neuf tours devant ses sujets, qui le saluaient chaque fois. Ils le plaçaient ensuite sur un cheval et lui serraient le cou avec une bande de soie, mais sans aller jusqu'à l'étrangler. Ils lui demandaient alors combien d'années il resterait roi. Le qan prononçait quelques paroles incompréhensibles, que l'on interprétait pour connaître la longueur de son règne. Une telle coutume est aussi attestée chez les Kazakhs.

    On ne sait pas si elle avait subsisté à l'époque impériale. Sur la stèle de Köl Tegin, il est écrit: «Tängri ayant saisi par le sommet de la tête mon père le qaghan Ilterish et ma mère la qatun El Bilgä, il les éleva en haut». Le turcologue Jean-Paul Roux y voit le témoignage d'un cérémonie de sacre qui consistait à placer le souverain sur un tapis de feutre et à les élever vers le ciel. On reconnaît la première partie de la cérémonie décrite ci-dessus, où le roi est mis sur une litière de feutre.

    Quand un homme mourait, ses parents tuaient chacun un mouton ou un cheval et plaçaient la victime devant la tente du défunt. Ils faisaient ensuite sept fois le tour de cette tente, montés sur un cheval et en poussant des cris de douleur. Chaque fois qu'ils passaient devant la porte, ils se tailladaient le visage avec un couteau.

     

    resgal21r3buyuk

     

     

     Les enterrements n'étaient effectués qu'à deux périodes de l'année: à l'automne, quand les feuilles tombaient, et au printemps, quand les bourgeons s'ouvraient et les plantes étaient en fleurs. On creusait alors une fosse et l'on y mettait le mort. Près de la tombe, on disposait des statuettes de pierres en nombre proportionné au nombre d'ennemis que le défunt avait tués. Les parents offraient des sacrifices, couraient à cheval et se tailladaient le visage comme la première fois. L'archéologie a montré que les guerriers étaient enterrés en armes, avec leurs chevaux sellés. Les veuves se remariaient pour rester dans la famille de leur époux. Les fils épousaient les femmes de leur père, sauf bien sûr leur propre mère; les frères cadets prenaient les femmes de leurs aînés (c'est le lévirat).

    Chefs (khağan)
    Les dates de règnes sont données principalement d'après D. Sinor et S. G. Klyashtorny, «The Türk Empire», History of Civilizations of Central Asia, Vol. III, The Crossroads of Civilizations: A.D. 250 to 750, Paris, UNESCO Publishing, 1996. Le livre de René Grousset, L'empire des steppes, Payot, 1965, est également utilisé. Les noms des souverains sont d'abord donnés sous leur forme chinoise (en pinyin), puis sous leur forme turque quand elle est connue.

     

    Premier empire köktürk:

     

    Tumen (Bumin Khan) 534 - 552 (on ne comprend pas pourquoi les Chinois ont remplacé le b turc par un t).

    Turcs Orientaux:

    Muhan (Mugan qaghan) 553 - 572
    Tuobo (Taspar qaghan) 572 - 581
    Shaboluo (Nivar qaghan, Ishbara?) 581 - 587
    Chuluohu 587 - 588
    Yongyulü 588 - 599
    Tuli ? - 607
    Shibi 607 - 619
    Xieli (El qaghan) 619 - 630

     

    Turcs occidentaux (divisés à partir de 630 en deux groupes de cinq tribus, les Nushibi et les Dulu) :

    Shidiemi (Istämi yabghu, connu sous le nom de Silziboulos par les Byzantins) 553 - 575 (date de fin de règne d'après Grousset, en tout cas avant 576)
    Datou (Tardu yabghu) 575 - 603 (autoproclamé qaghan entre 582 et 584)
    Daluobian (Apa qaghan) 585 - 587
    Nili 587 - 604?
    Chuluo (opposant à Shigui installé en Chine en 611)
    Shigui avant 611 - 618 (d'après Grousset)
    Tong yabghu 619 - 630 (assassiné)
    Dulu 638 - 651 (qan des Dulu, a essayé de réunir les deux groupes de tribus)
    Helu 651 - 657 (qan des Dulu, a imposé son autorité aux Nushibi)
    Ashina Mishe 657 - 662 (imposé par les Chinois aux Dulu)
    Ashina Buzhen 659 - 665 (imposé par les Chinois aux Nushibi)

     

    Les noms turcs des souverains du second empire sont tous connus :

     

    Ilterish qaghan (ou El Terish, Guduolu en chinois, d'après le turc Qutlugh) 682 - 691
    Qapaghan qaghan (ou Qapghan, Mochuo en chinois, aussi appelé Bäk Tchor dans les anciens livres français) 691 - 716
    Bögü qaghan 716
    Bilgä qaghan (Mojilian en chinois) 716 - 734 (assassiné, a gouverné avec son frère Köl Tegin 716 - 731)
    Izhan qaghan (Yiran en chinois) 734 - 739
    Tängri qaghan 740 -741
    Özmish qaghan 741-744 (usurpateur)

    gokturk

     

    08:06 Écrit par uchisarpension dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

    31/12/2006

    Les Oghouzes, Oghuz, Oguz

    oguzhan

    Les Oghouzes, Oghuz ou Oğuz (en turc de Turquie) furent l'une des branches principales des Turcs du VIIIe au XIe siècles. Lors de la migration des Turcs aux Xe, XIe et XIIe siècles, les Oghouzes firent partie des Turcs de la région de la mer Caspienne qui migrèrent vers le sud et l'ouest en direction de l’Asie occidentale et de l’Europe orientale, et non vers l’est en direction de la Sibérie.

    Les Oghouzes sont considérés comme les ancêtres des Turcs occidentaux modernes : Azéris, Turcs de Turquie, Turkmènes, Turcs Kachkaïs d’Iran, Turcs du Khorassan et Gagaouzes (Gök Oğuz : Oghouzes bleus ou célestes), dont les effectifs combinés dépassent les 100 millions.

     

    selcuk

     

    Le nom Oghouze, qui dériverait de ok : "flèche" et uz : "tribu" a été écrit pour la première fois dans les inscriptions de l’Orkhon en langue turque (sous la forme de l’union tribale des Altı Oğuz : Six Oghouzes) sur les bords du fleuve Ienisseï en Mongolie. Elles indiquaient que six tribus s’étaient intégées et avaient formée une "union tribale" turque appelée Oghouze.
    Cependant, des sources antérieures comme celles des Chinois mentionnent une tribu appelée "O-kut" et datant du IIe siècle av. J.-C. dans la région centre-asiatique de Tabargatay-Kobdo au Kazakhstan.

    Le nom Oghouze pourrait être simplement un pluriel ancien de ok : flèche (pris dans le sens de “tribu”), à comparer avec le nom des Hongrois (on ogur : 10 flèches) et celui des peuples voisins des anciens Égyptiens (pdjt 9 : les 9 arcs).
    Il exista aussi des confédérations nommées Sekiz Oğuz : Huit Oghouzes et Tokuz Oğuz : Neuf Oghouzes.
    Le berceau des Oghouzes, comme d’autres Turcs pendant la période des Köktürks, semble avoir été la région des monts Altaï et le sud de la Sibérie.

    Ils furent les principaux dirigeants de l'empire des Köktürks aux VIe et VIIe siècles, et établirent également l’État des Oghouzes Yabgu (yabgu est un titre princier) qui s’écroula en Asie centrale en l’an 1000. Ils fondèrent bientôt au XIe siècle l’Empire seldjoukide qui fut le deuxième empire turco-musulman (les Ghaznévides de la fin du Xe siècle furent les premiers princes turco-musulmans) en Asie centrale et au Moyen-Orient.

    Du VIIIe au XIe siècles, ils habitèrent la région située entre la mer Caspienne et la mer d'Aral en Asie centrale. L’historien arabe Ibn al-Athir (1160-1233) déclare que les Oghouzes sont arrivés dans cette région (la Transoxiane) sous le règne du calife al-Mahdi (775-785). Ils se composaient de 24 (ou, quelquefois, 22) tribus, dont la légende est la suivante :

    Le chef fondateur Oğuz Han (Oghuz Khan) eut, d’une première épouse, trois fils appelés Gün (soleil), Ay (lune) et Yıldız (étoile) et, d’une seconde épouse, trois autres fils du nom de Gök (ciel), Dağ (montagne) et Deniz (mer). Chacun de ces six fils eut lui-même quatre fils, d’où les 24 tribus.

    Celles descendant des trois aînés sont les tribus Bozok ou Bozoklar (“flèche grise”, -lar, -ler est la marque du pluriel moderne), celles issues des trois cadets, les tribus Üçok ou Üçoklar (“trois flèches”). Chaque groupe de 4 tribus issu d’un des six fils a son ongun ou totem, un oiseau de proie, chaque tribu son tamga ou sceau pour le marquage du bétail.

    Tribus Bozok

    Kayı, Bayat, Alka Evli, Kara Evli.

    Yazır, Dodurga, Döğer, Yaparlu.

    Afşar, Begdili, Kızık, Kargın.

    Tribus Üçok

    Bayındır, Peçenek, Çavuldur, Çepnî.

    Salur, Eymur, Ala Yundlu, Yüreğir.

    İğdir, Büğdüz, Yıva, Kınık.

     

    dedekorkut

     

    La littérature des Oghouzes comprend le célèbre "Livre de Dede Korkut (Grand-père la Terreur)" qui fut l’œuvre littéraire de l’année 2000 pour l’UNESCO, ainsi que les épopées "Oghuz-nama" et "Koroglu" qui font partie de l’histoire littéraire des Azéris, des Turcs de Turquie et des Turkmènes. Selon Lev Gumilev, dans son ouvrage intitulé "1000 ans autour de la Caspienne", les Oghouzes étaient d’un type anthropologique caucasoïde.

    Les dynasties établies en Perse et se réclamant des Oghouzes comprennent : les Seldjoukides, les Atabegs, les Aq Qoyunlu, les Qara Qoyunlu, les Séfévides, les Afsharides et les Qadjars ; en Anatolie (Turquie), les Oghouzes fondèrent l’Empire ottoman.

    En particulier, les Seldjoukides (Selçukoğulları en turc) se rattachent aux Kınık, qui sont la tribu benjamine des Üçok, tandis que les Ottomans (Osmanoğulları en turc) se rattachent aux Kayı, qui sont la tribu aînée des Bozok.
    Les Petchenègues sont les Peçenek issus de Dağ Han et les Afsharides se réclamaient des Afşar (mot lié à av : chasse) issus de Yıldız Han. Les Qara Qoyunlu disaient descendre des Yıva, issus de Deniz Han, et les Aq Qoyunlu des Bayındır, issus de Gök Han.

    1oghuz

    08:12 Écrit par uchisarpension dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

    LES OGHUZ VUS PAR LES ARABES

    kumancustomsu3

     

    « Le Turc en selle »

     

       Ni les Kharidjites ni les bédouins ne sont réputés pour leur adresse à tirer de l’arc étant à cheval. Le Turc, lui, de sa selle, atteindra un animal, un oiseau, une cible, un homme, une bête couchée, une borne dressée, un rapace qui fond sur sa proie. Sa monture sera éreintée d’avoir avancé et reculé, tourné à droite et tourné à gauche, monté et descendu, qu’il tirera encore, lançant dix flèches avant que le Kharidjite en ait encoché une seule.

      Le Turc, lui, a deux paires d’yeux : une devant et une autre derrière la tête […] S’il tourne bride, c’est un poison mortel, le trépas infaillible, car il place la flèche derrière lui aussi exactement qu’il la place en avant. Et on doit toujours craindre qu’avec son lasso il ne jette son chevalet, n’enlève le cavalier, de son fameux galop.

      Ils enseignent, eux, aux cavaliers à porter deux arcs, et même trois, et des cordes de rechange en proportion. A l’heure de l’épreuve, le Turc a donc avec lui tout ce qui est nécessaire à lui-même, à son arme, à sa monture et au soin de celle –ci.

      Quant à leur faculté de supporter sans faiblir le trot, les courses ininterrompues, les déplacements lointains dans la nuit, les marches à travers les pays, elle est des plus extraordinaires.

      Le Turc est plus expérimenté qu’un maréchal-férrant vétérinaire, plus habile qu’un dresseur à obtenir ce qu’il veut de son bidet. Car c’est lui qui l’a mis au monde, élevé lorsqu’il n’était encore qu’un poulain.

      Il vient à lui quand il l’appelle, court derrière lui quand il galope. Il l’y a si accoutume qu’il connaît son appel comme un cheval connaît « hue », une chamelle « ha !», un chameau « jahi !», une mule « adas !», un âne « sasa !», comme idiot de village connaît son sobriquet et un enfant son nom.

      Si tu faisais le compte de la vie d’un Turc, si tu la détaillais jour par jour, tu constaterais qu’il passe sur le dos de sa monture qu’il n’en passe à terre.

      Le Turc monte parfois un étalon, parfois aussi une poulinière.

     Qu’il parte en guerre, en voyage, qu’il s’éloigne en quête de gibier ou pour n’importe quel motif, et la poulinière le suit avec ses poulains.

     Est-il fatigué d’avoir chassé l’homme ? Il chasse la sauvagine. Sa monture dodeline-t-elle, veut-il manger un morceau ? Il n’a qu’à tirer à lui une de ces bêtes. A-t-il soif ? Il trait une de ses poulinières.

     Veut-il reposer l’une ? Il saute sur l’autre, sans même mettre pied à terre.

     De toutes les créatures du monde, il n’en est pas une dont l’organisme s’accommode d’être nourri exclusivement de viande, excepté lui ; de même de sa monture : il suffit de pousses, de brindilles, de feuilles d’arbre.

      Il ne l’ombrage point quand il fait soleil et ne la couvre point quand il fait froid.

     Le Turc est à la fois berger, palefrenier, dresseur, maquignon, maréchal-ferrant vétérinaire et cavalier : à lui seul, il est toute la collectivité à la fois.

     Quant le Turc chemine avec des troupes qui ne sont pas de sa race, il fait vingt milles pendants qu’elles en font dix, les quittant pour vagabonder à droite et à gauche, grimper au sommet des hauteurs et dévaler au plus profonds des ravins ; et cependant il tire sur tout ce qui rampe, marche, s’envole ou se pose. Jamais le Turc ne chemine comme le reste des troupes, jamais il ne va tout droit. Lorsque la route est longue et la marche pénible, que l’étape est encore loin et qu’on est au milieu du jour, que pèse la fatigue et que la lassitude accable, tous font silence : ce qu’on endure ne laisse point de place pour la conversation.

     Tout craque alentour sous l’intensité de la chaleur ou durcit sous la rigueur du gel. A mesure que la marche se prolonge, les plus robustes, les plus fermes en viennent à souhaiter que le sol se replie sous eux. Un mirage, un signal sur une crête, et les voilà transportés de joie, dans l’illusion que c’est l’étape. Y est-on enfin que chaque cavalier tombe de sa selle, en marchant les jambes écartées comme un petit enfant qui a pris un lavement et en geignant comme un malade, bâillant pour se délasser et s’étirant longuement pour chasser la fatigue. Le Turc, lui, bien qu’il ait fait en route deux fois plus de chemin et qu’il ait les épaules rompues à force d’avoir tiré, qu’il aperçoive à proximité de l’étape un onagre ou une gazelle, que se présente un renard ou un lièvre, et il repart au galop comme s’il venait tout juste d’enfourcher sa monture, à laisser croire que c’est un autre que lui qui a fourni cette longue course et enduré toute cette fatigue.

     Arrive-t-on à un ravin où l’on se presse au passage praticable, ou à un pont ? Le Turc, lui, lançant son bidet en avant d’un coup de talon, remonte déjà de l’autre côté, pareil à une étoile. Arrive-t-on à un raidillon ? Il laisse là le chemin, empruntant, pour monter, la pente même de la montagne, et le voilà bientôt là où le bouquetin n’atteindrait pas. A le voir grimper de la sorte, tu juges qu’il risque imprudemment sa vie : mais s’il en allait vraiment ainsi, il ne resterait pas longtemps sauf, tant il recommence souvent.

     

    Texte d’Al Jâhiz (864 ap JC), Epitre au calife Al Mutawakkîl, cité par J.Sauvaget dans Histoire arabes (pages chinoises), Andrien-Maisonneuve, 1946, pp. 7-10. 

    1oghuz

     

    08:05 Écrit par uchisarpension dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

    13/09/2005

    Les origines mythiques

    asiecenter

     

    Bumin, son frère Istemi et leur clan, éleveurs et nomades, mais aussi forgerons comme l’ont rappelé avec un mépris surprenant les Avares, revendiquent une ascendance Hiong-nou, ce que leur accordent aussi les Chinois, et une origine céleste qui les place, de par la volonté divine, au-dessus des autres hommes et en quelque sorte à la genèse même du monde. Un de leurs lointains successeurs, au début du VIIIe siècle, le proclamera dans une inscription célèbre :

     

    « Quand, en haut, le Ciel bleu, en bas, la Terre sombre se furent formés [ou « ont été constitués »] entre les deux apparurent les fils de l’homme [ou « des hommes »]. Sur les fils de l’homme, mes ancêtres Bumin Kaghan et Istemi Kaghan régnèrent. »

     

    Les Chinois, par plusieurs récits qui ne diffèrent que sur des points de détail, racontent leur mythe d’origine. Celui-ci est confirmé par un relief sculpté au sommet d’une autre inscription turque, celle de Bugut, qui présente un être humain sous le ventre d’une louve :

     

    «Les T’ou-kiue sont un rameau particulier des Hiong-nou. Leur nom de famille était A-se-na (Ashina). Ils formèrent une horde à part, mais, par la suite, ils furent vaincus par un état voisin qui extermina toute leur famille à l’exception d’un jeune garçon âgé de dix ans. Tous les soldats, voyant sa jeunesse, n’eurent pas le courage de le tuer. Ils résolurent de lui couper les pieds et de le jeter dans un marais couvert d’herbes. Là, une louve la nourrit de viandes. Ainsi il grandit et s’unit à la louve qui devient bientôt pleine. Le roi, ayant appris que l’enfant vivait encore, envoya à nouveau ses hommes pour le tuer. Ceux-ci, voyant une louve à ses côtés, voulurent l’abattre aussi. Mais le fauve s’enfuit dans la montagne au nord de Turfan. Dans cette montagne, il y avait une caverne et, dans la caverne, une plaine unie, couverte d’herbes touffues, qui avait plusieurs centaines de li de tour et où de hauts sommets s’élevaient de tout côtés. La louve, s’y étant réfugiée, mit au monde dix garçons. Devenus grands, ceux-ci prirent, en dehors, des femmes qui devinrent bientôt mères. Leur descendance choisit un nom de famille et l’un d’eux se nomma Asena. »

     

    Le texte de l’inscription revêt une importance insigne parce qu’ils donnent aux Turcs, dès le commencement de leur longue carrière, une référence de supériorité qu’ils n’oublieront pas. La version chinoise de leur mythe est aussi très intéressant pour déterminer leur origine. Malgré certaines apparences, nous ne croyons pas qu’ils puissent être indo-européens. La facilité avec laquelle ils s’imposèrent aux divers peuples de la steppe, dès cette époque turcophones dans leur immense majorité, plaide pour leur appartenance au monde altaïque. En revanche, nous sommes convaincus qu’ils ont été profondément influencés par les Indo-Européens, qu’ils leur ont emprunté une partie de leur culture. Ashina, le nom du clan royal, le vrai nom dynastique, n’a pas d’étymologie turque, malgré Boodberg qui veut le faire dériver de as, « traverser une montagne », de même que les noms des premiers souverains qui semblent plutôt iraniens.

     

    Le mythe d’origine, à quelques détails près, est pris aux Wou-souen, qui ne sont ni proto-Turcs ni proto-Mongols puisqu’ils sont décrits comme des hommes aux yeux clairs et à la barbe rousse. Son scénario, celui d’un enfant abandonné dans l’eau, recueilli, puis adopté par un homme, une femme, un animal, est universel. Nous le connaissons par l’histoire de Moïse déposé dans la Nil et adopté par la fille de Pharaon, ou par celle de Romulus et Rémus abandonnés au Tibre, recueillis et nourris par une louve. Les nationalistes turcs du XX è siècle, frappés par la ressemblance des sons « étrusques » et « turc » (racine TRK), se sont servis de la parenté des deux mythes t’ou-kiu et étrusco-romain pour trouver certains de leurs aïeux dans le peuple d’où naquit Rome.

     

    Quant au loup ancêtre, il fut le protecteur-peut-être le totem, bien que le totémisme implique des structures qui n’apparaissent guère ici- du souverain et de son peuple. Une tête de loup en or décora les étendards et les guidons, le loup étant censé marcher au-devant de l’armée ; les gardes du corps furent appelés « loups». Chaque année, le Kaghan envoya sacrifier à la caverne ancestrale ; d’un bout à l’autre de l’empire, dans toutes les tribus, le fauve fut valorisé, presque défié. Pendant un demi-millénaire, il resta présent dans les mémoires, une référence essentielle, de telle sorte qu’il fît résurgence au temps de l’Empire mongol. Choisi comme aïeul par les mythologues gengiskhanides, il recouvra son ancienne gloire et une gloire plus grande encore.

     

    L’endroit où se serait réfugié la louve T’ou-kiue, une montagne au nord de Turfan », nous ramènes à l’univers aryen, tout comme le mariage des enfants avec des »femmes du dehors », allusion à l’exogamie. Enfin, et cela est une preuve absolue des influences indo-européennes, la première inscription turque, celle de Bugut, à la gloire de la dynastie, n’est pas écrite en turc, mais en sogdien. Un autre fait mérite de retenir notre attention.

     

    Les T’ou-kiue ne sont pas que des nomades éleveurs ; ils sont aussi des forgerons, ce qui n’a rien pour nous surprendre si l’on se rappelle le rôle de la métallurgie chez les peuples de la steppe. Leur spécialisation artisanale ne fait aucun doute, non seulement parce que les Chinois le disent, mais parce que, quelques décennies plus tard, les T’ou-kiue proposeront aux Byzantins de les approvisionner en fer. Un grand mythe de l’Asie centrale, celui dit de l’Erkene Kon (du nom de la vallée où, selon Rachid al-Din, les Mongols auraient été enfermés), est neé de la manière dont les T’ou-kiue ont trouvé une issue en faisant fondre une mine de fer obstruant le seul passage possible à travers la montagne où la louve avait accouché d’eux.

     

     L’historien de Khiva, Abu’l Ghazi Bahadur Khan, connaîtra encore l’histoire au XVII è siècle. Or le thème du forgeron-qui est très lié au chamanisme, comme le prouvent à l’époque contemporaine les Turcs Yakoutes de Sibérie en déclarant : « Forgerons et chamans sont du même nid »-, court tout au long de l’histoire turco-mongole. On le retrouve dans la tradition invraisemblable qui veut faire de Gengis Khan un forgeron, tradition si bien établie qu’elle est rapportée à la fois par les franciscain Guillaume de Rubrouck, par l’Arménien Hayton et par le Marocain Ibn Battuta, ou encore dans le nom que porte Tamerlan, Timur Leng, le « Boiteux-Fer » ou le Boiteux de Fer.

     

    Jean Paul Roux

    oguzk

    22:11 Écrit par uchisarpension dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |