27/10/2005

Les hommes à tête de loup

 L’un des chapitres les plus importants de la légende d’Oguz Khan est l’incursion fait au pays des « It-Barak » = « espèce de loup noir et touffu ».  Mais il semble évident qu’à son origine ce loup avait avant tout un caractère légendaire. D’ailleurs  ils le considéraient comme l’ancêtre de tous les chiens.


D’après les légendes d’Oguz Khan le pays des « It-Barak » s’étendait dans tout le Nord est septentrional de l’Asie centrale. Oguz khan aurait tenté une invasion contre ce peuple mais après avoir essuyé une défaite, il se serait réfugié dans un petit îlot au milieu d’un fleuve situé entre les montagnes. Dans cet îlot, l’une des femmes de ces nombreux soldats décède au combat devait mettre au monde un enfant. Malheureusement Oguz Khan qui obligé de se réfugier dans ce petit îlot n’avait ni foyer ni tente, et la veuve due accoucher au creux d’un arbre. Réjouis  du bon déroulement de l’accouchement et de la bonne santé du nouveau-né, Oguz Khan lui donna le nom de « Kiptchak ».

Selon les anciennes légendes d’Oguz Khan « Kiptchak » signifiait au creux de l’arbre. D’après ce que nous savons les « Kiptchak » étaient un groupe de peuple qui s’étendaient de l’Ouest du mont de l’Altaï jusqu’au confins de l’actuelle Russie. Ainsi on suppose que « Kiptchak » était le nom d’une tribu survenue à une époque très ancienne.

Une autre légende nous fait savoir qu’Oguz Khan aurait trouvé sa deuxième femme dans le creux d’un arbre qui se situait dans un petit îlot au milieu dans lac.

D’ailleurs dans la légende des Ouïgours, leurs aïeux seraient nés dans le creux d’un arbre situé dans un petit îlot qui se trouvait entre deux fleuves.

De tous ces exemples l’on peut déduire facilement que toutes ces sources ressemblant à des faits historiques sont de très anciens motifs de la mythologie Türk.

Petit extrait : « Il y avait dans le Nord Ouest de l’Asie des « It-Barak » quant aux Turks, ils étaient loin d’eux en Asie Centrale. Les « It-Barak » avaient une tête de loup et un corps d’humain vêtus de noir tel des démons. Leurs femmes étaient belles, et ne fuyaient pas les Turks et leurs étaient comme un remède, ni flèches ni lances ne s’effondrèrent. Oguz Khan fût vaincu et dû se regrouper et ce réfugier dans un petit îlot. Dix sept après, aidé des femmes des « It-Barak » Oguz Khan reprit sa revanche et enfin il mit fin à toutes ces années de guerres, et remit ces régions dans les mains du Beg Kiptchak ».

C’est pourquoi les Turks  l’appellent la région des « Kiptchak ». Ce qu’il faut comprendre de cet extrait  de légendes, c’est que les belles femmes de cette région se joignirent aux Turks et de cette union naquirent une nouvelle descendance cousin des Turks.

Mais ce mythe insiste aussi au fait que cette descendance n’est pas d’Oguz Khan mais celle d’un de ces soldats morts au combat. Ainsi les « Kiptchak » s’étendirent dans le Nord où ils prirent d’autres femmes de l’extérieur, agrandissant considérablement la famille des Turks.

Les hommes à tête de loup sont aussi présent dans les mythologies indo-européennes, d’ailleurs il y en a énormément  dans les anciennes légendes grecques. Toutes ces similitudes avec d’autres mythes nous révèlent que ce motif à tête de loup est une influence externe aux Turks.

D’ailleurs les anciens Turks ne donnaient aucune importance aux loups. Ils étaient pour eux qu’un animal inférieur, et c’est pourquoi les Turks  à l’origine considéraient les hommes à tête de loup comme un sous peuple.

Les mythes se rapportant aux êtres à tête de loup sont beaucoup plus présents dans le sud de l’Asie Centrale et en Inde, où l’on peut se rendre compte qu’avec le temps on donna de plus en plus d’importance aux loups.

Le loup finit par représenter non pas une sous classe d’homme mais au contraire une classe d’homme noble. D’après d’ancienne source chinoise  antérieure aux mythologies grecques, les tributs vivant dans le Nord de la Chine et en Manchourie avaient des têtes de loups. Ces peuples mongols donnaient énormément d’importance aux loups, ils les considéraient comme étant sacré et leurs aïeux. Cette influence rattrapa les Turks, comme par exemple chez les « Göktürk » (Türk célestes) qui font remonter leurs aïeux à un loup céleste bleu.






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19/10/2005

L’arc en or et les trois flèches en argent

 

L’arc en or et les trois flèches en argent sont le symbole de souveraineté des six fils d’Oguz Khan. D’après les différentes légendes, ces derniers les auraient trouvés au cours d’une partie de chasse, et l’auraient ramenés à leur père. Bien entendu, de petite variation existe en fonction de l’époque où du lieu à laquelle elle fût rédigée.

Dans la légende d’Oguz Khan  rédigée en ouïgour de Turfan, il est question tout d’abords avant leur trouvaille, d’un songe dans lequel serait apparu l’arc en or et les flèches d’argent.

Petit extrait : « Que l’on entende et que tout le monde sache et connaisse ce miracle. Il y avait à côtés d’Oguz Khan un être immense, à la chevelure grise et à la barbe  blanche, et très expérimenté. C’était un être noble, et de grande sagesse. Son nom était Ulug Türük et il était le vizir du Khan ».

Ulug Türük avait vu en rêve un arc en or s’étendant de l’est à l’ouest et trois flèches d’argent qui s’étaient ailés jusque dans le nord.

Il fit part de son songe à Oguz Khan et lui dit : « Que ce songe te ravive et te donne confiance et créé l’unité parmi les tiens ! Tout ce que j’ai vu en rêve est un signe de Gök Tanri (Dieu céleste), et qu’il en soit ainsi pour toi et pour toute ta descendance».

Dans l’un des textes  les plus récent de la légende d’Oguz Khan, Ebül Gazi Bahadir Han présente les choses de la sortes : Oguz Khan aurait ordonné  à son vizir d’enterrer, à moitié,  un arc dans la région de l’occident, et les trois flèches dans la région de l’orient. Après cela, Oguz Khan envoya à la chasse, d’une part,  les trois fils qu’il avait eu de la fille des cieux « Gün Han » (roi du jour), « Ay Han » (roi de la lune), et « Yildiz Han » (roi des étoiles) dans les régions de l’Ouest, et d’autre part, les trois fils qu’il avait eu de la fille de la terre « Gök Han » (roi du ciel), « Dag Han » (roi de la montagne), et « Deniz Han » (roi de la mer) dans les régions de l’Est.

Au cours de leur chasse, les enfants d’Oguz Khan trouvèrent chacun de leurs côtés l’arc et les trois flèches, et réjouis de leurs trouvailles  ils vinrent le rapporter à leur père qui les renvoya dans ces régions en fonction de leur trouvaille.

Cependant, cette légende dans laquelle Oguz Khan envoya son vizir enterrer un arc et trois flèches n’est présente dans aucune autre source des légendes d’Oguz Khan. Cela prouve que cette légende est une adaptation contemporaine.

D’ailleurs, lorsque l’on prête attention à d’autres motifs de la mythologie turque, il nous est possible de faire le lien avec une autre ancienne légende. Dans celle-ci, l’un des bergers d’Atilla se coupe le pied et lorsqu’il se retourne pour voir ce qui l’a blessé, il découvre une épée plantée  à même le sol qu’il déterre et ramène à Atilla.

L’entourage d’Atilla découvrant cette épée se réjouit et prétend qu’elle était envoyé du ciel, et que celui qui la possèderait serait le maître du monde.

Cette même mythologie déjà présente chez les Scythes, nous porte à croire que Ebül Gazi Bahadir Han s’en est inspiré.

Ainsi l’épée d’Atilla, de même que l’arc et les flèches, que trouvèrent les fils de Oguz Khan, n’étaient rien d’autre que le symbole légitimant leur souveraineté céleste. D’ailleurs les Grands Seldjoukides utilisèrent également l’arc à cette fin.



 

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21:36 Écrit par uchisarpension | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |